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Publié : 29 octobre 2015

Quand la dictée devient un processus d’apprentissage

Les universitaires Danièle Cogis, Carole Fisher, Marie Nadeau écrivent un article franco-québecquois pour comparer deux modalités de dictée qui servent aux apprentissages, et non pas simplement à l’évaluation.

Les deux dispositifs comparés sont La phrase dictée du jour et la dictée 0 fautes.

Voici quelques éléments de la conclusion (page 88) :

Ces pratiques innovantes mènent à des progrès significatifs en orthographe grammaticale jusqu’en écriture, surtout chez les élèves aux performances sous la moyenne en début d’année. Ainsi, il est possible de réduire les écarts entre élèves forts et faibles, l’hétérogénéité des performances n’est pas une fatalité, mais un état sur lequel l’enseignant peut agir.

Les exemples de dictées d’un genre nouveau, phrase dictée du jour ou dictée 0 faute, permettent de comprendre en quoi les dictées innovantes s’écartent d’une dictée traditionnelle. Là où l’élève est tenu de se taire et de faire amende honorable en rappelant la règle enfreinte ou en écoutant un bon élève la rappeler, il est au contraire demandé à chacun de restituer un raisonnement qui l’a conduit à écrire ce qu’il a écrit ou de faire part d’une interrogation. À cet égard, les deux activités innovantes ne se recouvrent pas totalement. La question du « doute orthographique », notamment, qui peut enclencher l’activité réflexive, ne se pose pas de façon identique dans ces deux activités. En effet, dans la phrase dictée du jour, le doute est davantage le produit d’un état de fait : les élèves, en particulier les plus jeunes, ne doutent généralement pas de leurs graphies, et c’est la présence de graphies concurrentes, défendues par d’autres, qui les amènent à se rendre compte d’un problème à résoudre ; tous les élèves sont impliqués, car ils sont tous auteurs d’une graphie. Dans la dictée 0 faute, le doute est le point de départ de la réflexion : c’est avant tout celui de l’élève qui pose la question et demande de l’aide pour résoudre son problème, charge à l’enseignant d’impliquer le reste de la classe dans l’interrogation d’un seul, mais que d’autres partagent certainement.
Que ce soit dans la phrase dictée du jour ou dans la dictée 0 faute, c’est la mise en commun des connaissances qui permet de résoudre les problèmes, non pas à coups d’assertions (c’est au pluriel, il faut mettre un s), ni même de règles (au pluriel, on met un s), mais de preuves recevables, dans la zone proximale de développement (Vygotski, 1934).
L’hétérogénéité de ces connaissances dans une même classe d’ailleurs est un moteur fondamental de ces dispositifs.